La bulle IA n'est peut-être pas où vous croyez
L’intelligence artificielle est probablement la plus grande révolution que je verrai de ma vie. Et pourtant, en tant qu’analyste risque, je n’arrive pas à y placer tout mon argent. Parce que j’ai appris une chose : on peut avoir parfaitement raison sur une technologie, et perdre quand même beaucoup d’argent avec.
Ce n’est pas 2000 — sur la qualité
En 2000, Pets.com valait des centaines de millions sans avoir gagné un centime. Aujourd’hui, Nvidia dégage ~120 Md$ de bénéfice net, Microsoft plus de 100 Md$. Ce ne sont pas des coquilles vides, ce sont des machines à cash. Sur la qualité, l’IA gagne haut la main.
Mais le prix, lui, est en zone dangereuse
Le CAPE de Shiller — qui compare le prix du marché à ses bénéfices sur dix ans — tourne historiquement autour de 17. Il est aujourd’hui proche de 41 : un niveau supérieur à 1929, approché une seule fois, juste avant l’éclatement de 2000.
Une bonne entreprise et un bon investissement ne sont pas la même chose. En 2000, Cisco était une vraie entreprise avec de vrais profits. Celui qui l’a achetée au sommet a vu son action chuter de ~85 %.
Le piège qui vous concerne : votre ETF World
Vous vous dites peut-être « moi je fais simple, j’ai un ETF Monde diversifié ». Sauf que votre ETF World, c’est ~70 % d’entreprises américaines — et les sept géants de l’IA en pèsent à eux seuls ~20 %. Vous croyez acheter 1 500 entreprises ; en réalité une grande partie de votre performance dépend d’une poignée de titres.
La leçon
Avoir raison sur l’IA ne suffit pas. Il faut aussi payer le bon prix, et survivre à la concentration. C’est ça, le vrai risque — et il n’est pas où on vous le montre.